J’en ai assez de notre irresponsabilité!
La mort subite de la petite Bianca Leduc de L’Île-Perrot me fait beaucoup réfléchir et m’interpelle quant à mon comportement déficient par moment. Cette enfant de trois ans nous a quittés parce que deux jeunes ont perdu la tête. Deux jeunes coursaient dans un quartier résidentiel en plein après-midi, un moment de folie mortel. L’instant de cette bêtise, une jeune maman perdait son unique fille.
D’entendre depuis quelque temps que la sécurité dans nos rues est devenue le mal de tous les temps : « C’est la faute de la police, c’est la faute du maire de Notre-Dame-de l’Île-Perrot, le maire de Vaudreuil-Dorion ne prend pas ses responsabilités… » Oui, on apportera des changements dans la méthode de surveillance de quartier mais nous, personnellement, sommes-nous sans tache?
Notre devoir d’adulte
Je me questionne sur mon comportement de tous les jours qui ressemble sûrement au citoyen type de notre région. Le matin, je viens à peine de me réveiller que j’ai déjà la tête ailleurs. Dans ma voiture, je commence déjà à pitonner de tout bord tout côté: allume la radio, module une autre station, et encore une autre station. Écoute les capsules de François Pérusse tout en conduisant, tout en m’arrêtant aux lumières et malgré que je suis tôt… ça a l’air qu’il y en a un encore qui est pressé ce matin. Encore un autre de pressé ce matin, il me dépasse dans une courbe, comme c’est intelligent! Le matin, pas de code de route qui tienne, on est de bonne heure, pas grand monde sur la route, on peut se permettre de dépasser les limites, ce n’est pas grave, de toute façon, la police n’est pas là. On peut donc prendre une chance, une sacrée chance.
Me voilà prise dans le trafic sur le boulevard Cité-des-Jeunes. Ah! Je fulmine, zap et rezap la radio. Je pourrais bien écouter une bonne musique ce matin, cherche d’une main mon disque d’Édith Piaf, celui qui m’émeut tant. Grosse journée qui m’attend, il ne faudrait pas que j’oublie de retourner un courriel à celui-ci et de faire un suivi avec celle-là. Afin de ne pas l’oublier, je cherche mon stylo, c’est difficile d’écrire en conduisant mais mon suivi est important, cela ne peut attendre. Bon¸ ça y est, je viens de faire un « stop » à l’américaine, par chance la police n’est pas dans les parages.
Rendue au Flying J, un chauffeur me coupe en ne lâchant pas son cellulaire, il ne m’a jamais vue. Une autre se maquille, madame vient de gagner deux minutes, un ti’coup de roue avec cela. Ma voiture a de bons freins heureusement. C’est drôle comme il peut survenir autant d’infractions sur un trajet de seulement 17 km pour me rendre au travail.
Mon professeur de yoga a passé toute la session à essayer de nous faire vivre le moment présent, de nous ramener la pensée ICI. Comme c’est difficile, je pense au dossier xx, à maman de plus en plus fragile, à respecter la prochaine tombée du journal, à recevoir à temps toutes les informations pour un article et j’oublie d’être attentive au moment présent.
Arrêtons de tenter notre chance
La sécurité sur la route, c’est mon devoir avant tout. C’est à moi de respecter les limites, c’est à moi d’avoir des yeux tout le tour de la tête. Hors de mon cours de conduite, il y a plusieurs années, c’est la règle la plus importante qui nous été montrée. C’est aussi à moi d’éduquer mon fils pour qu’il devienne un citoyen responsable et respectueux.
On doit se regarder et, avec honnêteté, on admettra qu’il n’y a pas si longtemps, on a brûlé un « stop », on a aussi dépassé les limites de vitesse permises et, trop pressés, on a même dépassé par la voie de contournement. Pourquoi? Pour gagner une minute sur notre trajet, est-ce que cela en vaut vraiment la peine. À tout moment on tente notre chance mais, il ne faut pas attendre que la chance tourne.
Dans mon quartier, nous sommes inondés de pancartes bleues « Ralentissez pour Patricia », une jeune fille frappée par un chauffard et qui gardera des séquelles graves de cet accident. Et malgré tout, dans mon quartier où circulent seulement les résidents, et non des étrangers, la circulation connaît encore des excès.
Calmons-nous ma foi, nous allons tous arriver en même temps à Noël. Est-ce qu’on veut que notre nom soit associé à un accident de la route ayant causé la mort? Vivre longtemps avec mon chéri et voir grandir la marmaille de mon fils, voilà ce qui m’importe! Le respect des routes, cela débute par mon application du respect d’autrui. Et si on commençait par donner l’exemple?