Le champignon conçu par un chercheur de McGill tue les pissenlits naturellement. (Photothèque Première Édition)
Un chercheur et son fils vendront leur produit unique d’ici 2010
Champignons : tueur miracle des pissenlits
Notre-Dame-de-l’Île-Perrot – Un chercheur de l’Université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue et son fils sont partenaires dans une entreprise qui pourra faire des vagues à travers le pays – le père a développé un produit qui détruit naturellement les pissenlits, et maintenant le fils essaie de percer le marché.
« Il s’agit du seul produit biologique sur le marché, le seul produit qui serait accepté au lieu des pesticides, qui sont maintenant bannis au Québec », dit le Dr Alan Watson. « C’est un produit qui diminuera notre dépendance aux pesticides. »
Le Dr Watson, professeur et directeur du laboratoire de recherche de pesticides de l’Université McGill, a fait des recherches pendant plus de 25 ans pour trouver une solution aux pesticides couramment utilisés, mais extrêmement nocifs. Sa recherche l’a mené à un champignon qui permet de lutter naturellement contre les pissenlits.
Son fils aîné, Jeff Watson, ayant constaté l’efficacité du produit, a décidé de mettre ses talents de marketing à l’œuvre. D’où est née la compagnie Sarritor, située à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. Cette petite entreprise pourra bientôt être le plus gros fournisseur de ce produit naturel pour contrer ces mauvaises herbes.
Ennemi naturel du pissenlit
Le champignon est connu sous le nom scientifique de Sclerotinia minor. Lorsqu’il est appliqué, sous forme de petites granules sur les mauvaises herbes, il se multiplie à l’intérieur du plant. Le champignon fractionne et absorbe les tissus végétaux, ce qui tue le pissenlit. Les pissenlits sont morts après cinq ou six jours et les champignons disparaissent après une dizaine de jours. « Le produit est beaucoup plus efficace que le 2,4-D, qui est couramment utilisé », dit le Dr Watson. Son fils, qui a testé le produit sur son terrain, dit que les résultats sont incroyables.
Le champignon est cultivé en laboratoire sur des grains d’orge. Ensuite, les grains sont séchés et empaquetés. Puisqu’il s’agit d’un organisme vivant, le produit peut être conservé plus longtemps au réfrigérateur et peut même être gardé plus d’un an si congelé.
Il est recommandé d’appliquer le produit entre 18 et 24 degrés Celsius. Il est préférable d’avoir un terrain humide et de ne pas utiliser le produit lorsque le temps est sec et chaud.
Aussi, il faut s’assurer de ne pas appliquer le produit dans les jardins ou sur les fleurs. « Le produit n’affecte pas le gazon, mais il s’agit d’un pathogène pour les plantes et les fleurs », dit le Dr Watson. Cependant, le produit ne risque pas de s’étaler dans les plates-bandes si mis seulement sur le gazon. « Le produit reste où il a été déposé et ne se répand pas. » Le produit est entièrement sécuritaire pour les gens et pour les animaux. « C’est un produit naturel et tous les tests démontrent son efficacité et qu’il n’est pas dangereux », explique le Dr Watson.
Disponible en magasin bientôt
Quoique le produit antiparasitaire soit prêt et ait été testé, les gens ne pourront s’en procurer qu’en 2009 ou 2010. Le produit a été enregistré, mais il s’agit maintenant de se préparer pour percer le marché.
Déjà, les amis et proches des Watson demandent fréquemment quand ils pourront finalement utiliser ce produit sur leur pelouse. « Les voisins, mon dentiste, tout le monde me questionne à quand le produit en magasin. Ils voient que ça marchent sur ma pelouse », dit Jeff Watson.
Jeff Watson voudrait attaquer le marché canadien au complet en construisant une usine pour fabriquer le produit en grande quantité d’ici peu. Il dit que l’intérêt est beaucoup plus grand qu’il y a quelques années lorsque les herbicides et pesticides étaient légaux. « Les gens et les municipalités recherchent de nouvelles façons de contrôler les mauvaises herbes », dit-il. Il a reçu une bourse du CLD de Vaudreuil-Soulanges pour aider à démarrer l’entreprise, et il y a déjà une liste de personnes prêtes à investir dans Sarritor. « Nous sommes excités », dit le Dr Watson. « J’ai passé ma vie à faire de la recherche pour trouver des moyens naturels pour contrer les mauvaises herbes. Maintenant, nous voyons le produit final prêt pour le marché. »
Jean Audet
Commentaire mis en ligne le 5 août 2008je suis enchanté de votre découverte scientifique.
J'aimerais savoir quand votre produit sera sur le marché et qui le distribuera?
Ce produit détruira-t-il le plantain et les autres plantes à larges feuilles?