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Une pénurie qui rend malade

Manque d’effectifs médicaux et augmentation de la demande à l’Hôpital du Suroît

Elizabeth Caron par Elizabeth Caron
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Article mis en ligne le 29 juin 2007 à 23:54
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Une pénurie qui rend malade
François Rabeau, directeur général, Dr Nancy Rondeau, membre de l’exécutif du CMDP, Nicole Marleau, présidente du conseil d’administration, Dr Christian Leduc, chef du département de médecine générale et Dr Bernard Jr Richard, chef du service de l’urgence de l’Hôpital du Suroît.
Une pénurie qui rend malade
Manque d’effectifs médicaux et augmentation de la demande à l’Hôpital du Suroît
À la suite de la récente cote « D » obtenue par l’Hôpital du Suroît dans le Palmarès des urgences 2007, le conseil d’administration, la direction et plusieurs médecins ont tenu à remettre en perspective la situation réelle dans laquelle se trouve l’établissement. Deux critères ont été retenus pour cette évaluation jugée injuste soit le nombre de patients à l’urgence et le nombre de patients qui demeurent plus de 48 heures à l’urgence; statistiques qui, à elles seules, ne peuvent témoigner de la qualité des services offerts au service de l’urgence.
Selon la Dre Nancy Rondeau, membre de l’exécutif du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) et coordonnatrice des soins, ce palmarès compare des institutions « pas du tout à armes égales ». La plupart des hôpitaux de la même catégorie que l’Hôpital du Suroît possèdent des unités de débordement; un endroit où les patients de l’urgence sont déplacés pour ne plus être comptabilisés au service, ce qui modifie significativement le nombre de patients tout comme le nombre de patients considérés « 48 heures ».

L’Hôpital du Suroît doit faire face à une pénurie importante de personnel infirmier. Cet été, près d’une centaine de postes d’infirmière sont à combler, soit 69 postes à découvert et 30 remplacements de vacances. Quant aux médecins, le Dr Christian Leduc, chef du département de médecine générale, qualifie la situation de tout aussi problématique. Actuellement, l’hôpital est en déficit d’au moins huit médecins omnipraticiens. « Depuis janvier 2006, 11 médecins ont cessé leurs activités d’hospitalisation et on prévoit que, d’ici l’automne 2007, quatre autres médecins feront de même après plus de 20 ans de loyaux services ».

Tous ces départs en combinaison avec les problèmes de recrutement ajoutent à la lourdeur des tâches du personnel médical. Seulement cinq groupes de médecins sont affectés à l’hospitalisation alors que six seraient nécessaires. À l’heure actuelle, chaque médecin voit 30 patients en moyenne par jour (jusqu’à 35 en période de pointe), alors que la moyenne dans certains hôpitaux du Québec se situe entre 20 et 22 patients par jour.

Pour pallier au problème de recrutement et séduire davantage la relève médicale, le Dr Bernard Jr Richard, chef du service de l’urgence, considère l’obtention de primes d’installation comme en a bénéficié l’Hôtel-Dieu de Sorel. Ces primes permettraient de contrer le déficit des recrues perdues notamment à l’Ontario où les salaires sont nettement plus élevés.

Par ailleurs, l’Hôpital du Suroît étant éloigné, les possibilités de détournement sont nulles. La nouvelle politique d’Urgences-santé qui dicte que la destination d’un transport d’urgence doit être choisie selon le territoire et non au choix du patient augmente l’affluence à l’urgence.

Enfin, comme le rappelle le directeur général, François Rabeau, l’Hôpital du Suroît est physiquement petit et plus très jeune, le nombre de lits d’hospitalisation et l’absence de lits de soins palliatifs amplifient le problème. La croissance démographique (1400 naissances l’an dernier) et le vieillissement de la population sont également des facteurs aggravants. Depuis 2002, le nombre de patients a augmenté de 12,7 % et le nombre d’ambulances a crû de 17,5 % en cinq ans, dépassant de plus de 16 % la moyenne montérégienne.
D pour Démoralisant
Pour le Dr Christian Leduc, la cote « D » donnée à l’hôpital est « Démoralisante ». Depuis plusieurs mois, toute l’équipe a travaillé sans relâche à instaurer des solutions afin de désengorger l’urgence. Ainsi, 15 lits de convalescence en gériatrie permettent d’hospitaliser ce type de patient plus rapidement, une clinique de relance permet aux médecins de suivre le progrès d’un patient sur rendez-vous et non à l’urgence, une clinique de diabète et une autre d’insuffisance cardiaque permettent le dépistage et réduit ainsi les entrées à l’urgence et trois agents de liaison font le pont entre les différents points de services du Suroît et de Vaudreuil-Soulanges. Deux autres projets sont en cours de réalisation soit une unité de débordement de 12 à 15 lits et la possibilité de débloquer des heures supplémentaires dans les cliniques sans rendez-vous ce qui diminuerait les visites à l’urgence.

Avec ces changements et surtout l’avènement de l’unité de débordement, les statistiques seront plus séduisantes, mais sans l’arrivée de nouvelles recrues, les délais d’attente à l’urgence ne sont pas appelés à diminuer drastiquement.

Données 2006-2007 de l’Hôpital du Suroît

Nombre de visites à l’urgence : 37,383

Nombre de patients sur civière : 11,976

Nombre d’ambulances : 7,627

Nombre de patients de 75 ans ou + : 3,299

Durée moyenne de séjour : 23 heures

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