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Le futur de l’apiculture et de la culture des fruits

Elizabeth Caron par Elizabeth Caron
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Article mis en ligne le 18 mai 2007 à 23:28
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Le futur de l’apiculture et de la culture des fruits
Marie-Ève et Annie Vinet aident leur père aux travaux de la ruche, sur le chemin de l’Anse, à Vaudreuil-Dorion
Le varroa tueur d’abeilles
Le futur de l’apiculture et de la culture des fruits
Les problèmes qui mettent en péril l’apiculture à travers le monde touchent également les éleveurs de la région. Avec beaucoup d’efforts et de courage, les récoltes sont possibles mais pour combien de temps encore?
Claude Vinet est apiculteur depuis 27 ans. De 1980 à 2002, monsieur Vinet n’a connu aucun problème. Toutefois, en 2003, le pourcentage de mortalité hivernale de ses abeilles atteint 75 %; la première année où le varroa (Varroa jacobsini), un ectoparasite de l’abeille commence son ravage. Une catastrophe qui, maintenant, se répand à l’échelle planétaire. Dans l’Est de l’Ontario, les pertes approchent 60 %, en Outaouais, elles oscillent entre 75 % et 85 % alors que dans la région de Niagara, les pertes atteignent 95 %.

Cette année, au moment de débuter les travaux du mois d’avril, Claude Vinet a estimé ses pertes à près de 50 %, une situation plus sérieuse que l’année précédente. Avec patience, l’apiculteur divise ses ruches et réussit à remonter une population suffisante pour obtenir une bonne récolte. Heureusement, ses ruches ne sont pas touchées en période estivale. De plus, de l’avis de l’apiculteur, la région est une bonne région apicole, ce qui se traduit par une belle qualité de miel. Mais il faut également composer avec les changements climatiques. « On a connu des printemps plus froids et des mois d’août très chauds et secs, des conditions qui rendent tout plus dur à faire, des semences à la récolte. »
Un parasite mortel
Le varroa est un parasite externe qui se fixe sur le dos de l’abeille. Chez les abeilles adultes et le faux-bourdon, les ailes présentent des déformations. Pendant l’hiver, les abeilles ne survivent pas à l’attaque du parasite et meurent. Contrairement à l’acarien de l’abeille, le varroa est facilement transporté par les abeilles, d’une colonie à une autre. Monsieur Vinet, comme plusieurs autres apiculteurs soupçonnent d’autres problèmes qui expliqueraient l’importance des pertes. Le parasite affaiblit possiblement l’abeille ce qui la rendrait vulnérable aux infections virales. Bien que les abeilles de Claude Vinet ne soient pas affectées pendant l’été, certaines ruches sont effectivement touchées pendant la période estivale.

Pour limiter l’expansion du varroa, il existe une gamme de produits, mais les abeilles développent rapidement une résistance. Certaines mesures donnent des résultats intéressants dont le renouvellement des reines, car les jeunes reines résistent mieux au varroa. Multiplier les essaims, les traiter hors couvain et donner une nourriture généreuse en préparation à l’hivernage permettent de limiter les pertes.

Le piégeage par prélèvement du premier cadre operculé, ou introduction de larves-pièges, sont des solutions aux infestations peu sévères. À long terme, le développement d’abeilles résistantes représente la seule vraie solution.
La culture des fruits menacée
Les abeilles ont un rôle crucial de pollinisation. La culture des petits fruits comme les fraises, les framboises, les mûres et les bleuets en dépend. Les producteurs de bleuets du Lac Saint-Jean doivent faire appel à des apiculteurs de plus en plus éloignés pour leur saison de pollinisation, ce qui entraîne des déplacements qui, à leur tour peuvent être dangereux. Les abeilles qui proviennent de régions plus éloignées peuvent être porteuses de maladies et aucun contrôle ou politique n’existe pour les mouvements d’abeilles. Institué en 1987, l’embargo sur les reines en provenance de la zone continentale des États-Unis a été changé, en mai 2004, en un système de permis. Les apiculteurs américains doivent se procurer un permis d’importation reconnu par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Claude Vinet possédait une centaine de ruches. Depuis l’invasion des varroas, l’effectif est tombé à 60, mais l’apiculteur demeure optimiste et confiant qu’il remontera à 100 ruches.

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