Le SERV a adopté cette position en assemblée générale. Ses membres se disent inquiets de ce nouveau programme à l’intention de l’ensemble des élèves francophones québécois.
Pour Damien Tremblay, enseignant et membre du syndicat, cette mesure « amputera » 400 heures d’enseignement dans l’ensemble des matières (mathématiques, sciences, français, arts et univers social). Selon lui, les enseignants manquent déjà de ressources pour permettre à tous les élèves d’acquérir les compétences exigées par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.
Pour plusieurs enseignants du SERV, cette mesure relève de l’utopie, car elle aura des répercussions négatives sur les résultats scolaires de plusieurs élèves. De plus, les enseignants intègrent dans leurs classes un nombre de plus en plus important d’élèves aux besoins particuliers et qui peinent déjà à atteindre les minimums requis. Les enseignants manquent aussi de ressources pour résoudre les problèmes liés à la violence, à l’intimidation, au décrochage scolaire, à l’intégration des élèves en difficulté et à la réussite des élèves allophones.
Les enseignants s’interrogent aussi sur la disponibilité des parents pour l’aide au devoir. Les élèves devront en effet faire deux fois plus de devoirs pour rattraper le temps d’enseignement réduit. Ce qui risque d’hypothéquer la réussite de plusieurs d’entre eux. « La culture francophone n’en a pas les moyens et l’école québécoise non plus », soutient Damien Tremblay.
Même les élèves les plus performants inscrits au Programme intensif d’anglais ont de la difficulté à rattraper cette demi-année. De plus, la structure du système de l’éducation interdit l’enseignement d’une matière autre que l’anglais dans cette langue. Ainsi, les enseignants seront dans l’impossibilité d’enseigner les mathématiques ou les sciences en anglais.
De plus, les enseignants craignent qu’un tel programme nivelle par le bas afin que l’ensemble des élèves atteignent la réussite scolaire.
Position électoraliste
Plusieurs enseignants doutent que cette mesure résoudra les problèmes identifiés par les professionnels de l’éducation. Pour eux, cette décision est basée sur une position électoraliste et sur un faux constat. Un sondage réalisé au printemps dernier révélait que 67 % de la population québécoise désire que ses enfants maîtrisent l’anglais. Plusieurs ont aussi souligné que les parents en faveur d’un programme d’anglais intensif avaient mal évalué les contreparties auxquelles seront confrontés leurs enfants.




