À l'origine de ce projet artistique invitant se trouvent deux êtres aux cheminements étrangers. L'artiste peintre et sculptrice Anne-Marie Léveillé-Shields jouit d’une feuille de route saturée d’expériences artistiques, d’expositions, de prix et de reconnaissances. Au fil d’une carrière marquée par les sentiments humains et l’empreinte de l’homme sur son environnement, elle a sculpté, peint et écouté. Écouté la vie, écouté l’instinct.
Quant au scénariste et enseignant Benoit Aumais, consultant historique du projet, il commente depuis 20 ans l’histoire de son île et possède une impressionnante collection de photos et une mémoire phénoménale. « Je peux parler de l'île Perrot comme si j’avais 125 ans », assure-t-il.
L'une a peint 30 illustrations à l’aquarelle des plus belles maisons de l'île Perrot; l'autre a écrit les textes accompagnant ce voyage illustré. Le résultat : une balade dominicale dans une île qui n'existe plus.
Ce projet artistique a longuement mûri dans l'esprit de sa créatrice. Arrivée à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot en 2005, Anne-Marie Léveillé-Shields constate rapidement l'importance accordée au patrimoine et à la culture. En même temps, elle note une forte expansion urbaine causée par le développement de la région. Puis l'envie de jeter une nouvelle lumière et de mettre en valeur ce patrimoine bâti germe et prend vie, aidée par le programme de subvention aux initiatives culturelles de la MRC de Vaudreuil-Soulanges.
L'enclos paroissial de Sainte-Jeanne-de-Chantal, le vieux village, le domaine de l'Arche du lieutenant-colonel Roger Maillet et le domaine seigneurial de la Pointe-du-Moulin font partie des lieux revisités par l'artiste.
« Benoit a écrit des textes très poétiques, commente la Perrotdamoise. Ces textes retracent la visite qu’une famille aurait faite dans les années 1830 dans l'île Perrot. Nous avons voulu recréer une atmosphère de visite d’été où les gens arrêtaient pour acheter un pain et faire un pique-nique au vieux moulin et terminaient le tout par une crème glacée au pont qui allait à Dorion. J’ai peint 35 aquarelles pour documenter ce cheminement-là », résume-t-elle.
La question sur laquelle se sont penchés les deux collaborateurs au cours de leur pèlerinage artistique résume à elle seule l’essence du projet : À quoi ressemblait l'île Perrot autrefois quand on s’y promenait? Pour y répondre, l’artiste et le scénariste proposent un itinéraire d’une trentaine de maisons aux détails respectant scrupuleusement les photos d’archives, itinéraire associé à une mise en scène poétique d’une balade dominicale. Ce travail de longue haleine a non seulement fait naître une exposition originale tant par sa beauté que par son intérêt patrimonial, mais aussi permis à deux êtres humains de se connaître, de s’apprivoiser et, surtout, de se respecter.
« Il faut reconnaître Benoit pour sa générosité. Il a gardé un profil très bas, mais c'est lui qu'il faut reconnaître », insiste l’artiste peintre. « Tout ce que j’ai fait est de dresser la table en installant une petite décoration autour de son œuvre, illustre quant à lui le scénariste. C’est le projet d’Anne-Marie, c’est à elle que revient le mérite. »
Quoi qu’il en soit, ce mariage de talents profitera longtemps aux amoureux d’histoire et aux Perrotdamois.
En plus de l’exposition consacrée à une partie de l’histoire de l’île Perrot, Mémoire vive se déplacera au Cabaret de curiosités du 12 janvier au 24 avril à la bibliothèque Marie-Duguay. Entre-temps, son vernissage aura lieu demain, dimanche, de 14 h à 16 h.
Le 17 octobre, une rencontre-échange invite les curieux à rencontrer ces collaborateurs. L’exposition prendra fin le 7 novembre.
Prêt pour une balade artististico-ancestrale?




