Vélos et chevaux!

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J'ai reçu, il y a quelques jours, l'appel d'une cavalière expérimentée qui me demandait si je pouvais par le biais de l'écriture sensibiliser les cyclistes à la nature du cheval et des risques que les cyclistes prennent en empruntant des sentiers équestres (souvent réservé exclusivement aux chevaux) sans trop savoir dans quoi ils s'aventurent.

Après avoir entendu son histoire, je me dis qu'il reste encore beaucoup d'éducation à faire et que le plus malheureux, c'est qu'il incombe aux cavaliers d'éduquer la population non équine. Je prévois donc de rédiger quelques articles éducatifs dans le journal (pour joindre le plus de gens possible qui n'ont pas de connaissance équestre et qui empruntent des sentiers équestres ou croisent des chevaux sur la rue) dans la prochaine année sur ce sujet.

Pour avoir eu le plaisir de rencontrer le nouveau maire de Saint-Lazare, Robert Grimaudo, une première fois et avoir constaté son ouverture d'esprit à l'égard de la problématique en question, je me propose de le solliciter sur la question dans le seul but de pouvoir rédiger des articles éducatifs pour tous et ainsi mieux vivre en collectivité.

Revenons à nos moutons! Une cavalière et son cheval de 14 ans très habitué à la route et aux voitures, aux sentiers et désensibilisé à presque tout puisqu'il fait des parades depuis plusieurs années,  empruntent gentiment la rue Saint-Angélique pour ensuite prendre le sentier numéro 60 (sentier étroit plein de fardoches). Destination finale? La merveilleuse Pinède, mais une fois sur le sentier numéro 60, une rencontre du troisième type a lieu avec un cycliste sur son vélo de montagne, tête basse qui ne regarde pas où il va!

Environ 25 pieds avant d'être face à face, le cycliste lève soudainement la tête et réalise qu'il y a un cheval droit devant, mais reste figé et ne bouge pas d'un iota tant il se sent angoissé à la vue de cette bête de 1400 lb peut-on présumer! Bien sûr, le cheval doit ressentir son stress et comme le cycliste ne bouge pas, le cheval pense donc en cheval; c'est-à-dire le prend pour un prédateur et du coup se sent un peu agité à son tour.

La cavalière s'adresse d'abord en français pour demander au cycliste d'avancer plutôt que de demeurer immobile et en voyant qu'il ne bouge pas d'un poil, s'adresse à lui dans la langue de Shakespeare puis finalement avec des signes de la main. Rien à faire! Le cycliste est gelé. Pourtant, ce sentier est bel et bien un sentier équestre et une pancarte à cet effet avise les gens en conséquence tel qu'en fait foi la photo. D'ailleurs, on voit très bien d'après la photo qui a le droit d'emprunter ce sentier. C'est moins clair cependant pour les cyclistes!

La cavalière m'avoue qu'elle a songé à rebrousser chemin, mais a jugé que son cheval pourrait songer à fuir et cela l'inquiète puisque non loin de là se trouve une rue très passante. Elle a aussi pensé de descendre du cheval pour le prendre en main, mais elle n'était pas convaincue qu'elle aurait eu le temps de le faire en toute sécurité puisqu'elle sentait l'énergie du cheval monter. Elle a donc choisi d'avancer malgré l'étroitesse du sentier. À noter que le cycliste aurait pu se tasser de 3 pieds facilement pour lui laisser plus de place s'il n'avait pas été traumatisé à la vue de l'équidé. Le cheval s'est bien comporté malgré tout, mais a dérapé un peu du derrière à cause de l'étroitesse de l'espace leur étant réservé.

Après que le cheval se soit abimé, le postérieur gauche, le cycliste, qui avait donné sa langue au chat jusqu'ici a prononcé les mots : « Je suis désolé » juste avant  de s'enfuir!

La blessure du cheval est profonde. Située sur l'articulation du jarret, la cavalière aura besoin de désinfecter la plaie pendant les 12 jours que son cheval sera au box. Le pansement sera à changer tous les jours. Le vétérinaire lui a aussi prescrit des antibiotiques et encore heureux qu'il ne se soit pas sectionné l'artère!

Morale de cette histoire : cyclistes et cavaliers ne font pas de mariages heureux. Certaines municipalités doivent faire des choix douloureux pour ne pas mettre ensemble cyclistes, 4 roues et chevaux et bien sûr, il reste beaucoup d'éducation à faire sur le cheval et les règles de sécurité à cheval lorsqu'on est en sentier.

Si la plupart des gens qui ne possèdent pas de chevaux ne savent même pas qu'un cheval est une proie qui se sent vulnérable, comment espérer avoir leur collaboration?

Je compte sur vous pour diffuser à profusion ce blogue, et surtout à vos amis « non équins ».

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  • Evelyne Villers
    11 août 2012 - 21:49

    Cher Monsieur Landry, Désolée si mon deuxième paragraphe vous offusque, mais peu de gens non-équin connaissent la nature du cheval. Demandez à votre entourage. Peu de gens savent qu'il est une proie! Ce que ma phrase veut dire, en d'autres termes, c'est qu'il ne faut pas toujours compter sur les municipalités ou les villes pour régler tous les problèmes de 'cohabitation'. Il est aussi aux cavaliers d'expliquer la nature du cheval. Et je suis d'accord avec vous, je blâme les cavaliers qui manquent de civisme et qui empruntent les sentiers réservés strictement à la marche! Ce qui est bon pour l'un est bon pour l'autre! Le civisme à toujours sa place dans notre société. C'est un bon point que vous apportez. Merci pour votre commentaire.

  • Jocelyne Leduc
    24 juillet 2012 - 09:49

    Tout à fait d'accord, vélo et chevaux ne font pas bon ménage. L'usage des sentiers doit être réglementée et les usagers doivent emprunter les sentiers qui leurs sont attribués. Sinon, de graves accidents vont se produire.

    • Robert Landry
      Robert Landry
      11 août 2012 - 21:21

      Madame, Le deuxième paragraphe de votre article m'a fait sursauter: " il incombe aux cavaliers d'éduquer la population non équine!!! Ayoye! On ne se prend pas pour n'importe qui !! Vous parlez dans votre article de l'importance de sensibiliser les cyclistes aux risques qu'ils prennent en empruntant les sentiers réservés aux chevaux. Je pense qu'il faudrait aussi sensibiliser les cavaliers aux dangers qu'ils font courir aux piétons quand ils ( les cavaliers) circulent sur des sentiers qui ne leur sont pas destinés. En effet, il arrive très souvent de voir des chevaux circuler sur les sentiers réservés à la marche, à la base se plein-air Les Cèdres ( anciennement Les Forestiers) Pourtant, il existe de nombreux sentiers équestres qui sillonnent la base de plein-air, mais les écuyers semblent préférer les sentiers de marche. Ces grosses bêtes de 1 400 livres ont le don d'abimer les sentiers, sans parler des "pommes de route" qu'elles laissent partout sur les sentiers. Au lieu de pouvoir admirer la nature, il faut constamment regarder par terre, afin d'éviter les blessures et le crottin. Il faudrait peut-être installer des enseignes à la base de plein-air, afin d'indiquer que les chevaux et leurs cavaliers sont interdits sur les sentiers de randonnée pédestre. Le respect des autres et des règlements, ça fonctionne dans les deux sens... Robert Landry St-Lazare