Ces résidents voulaient ainsi faire connaître leur mécontentement, mais aussi s’informer sur ce qui a mené le conseil municipal à une telle évaluation. De plus, ils espéraient avoir l’occasion de signer un registre réclamant la tenue d’un vote sur la résolution du conseil municipal. Ils ont été rapidement informés que cette procédure serait repoussée à cause de l’absence de la mairesse de l’endroit, Gaëtane Legault. En effet, cette dernière était en vacances à l’extérieur de la ville. Le maire suppléant, Yvon Chiasson, présidait donc la séance.
Le conseiller municipal du secteur touché par la résolution en question, Patrice Hovington, en a profité pour émettre son opinion. Soulignant avoir été inondé d’appels de citoyens à la suite de l’envoi de la lettre les informant de la méthode de facturation en lien avec les travaux d’asphaltage, il a tenu à rassurer l’auditoire. Selon lui, tous les commentaires reçus seront transmis au conseil municipal. Il a aussi rappelé « que rien n’est signé » et que les membres du conseil pourraient revoir la marche à suivre concernant le projet d’asphaltage.
Avis d’un ancien maire
René Saint-Onge, nouveau résident de Saint-Zotique et ancien maire de Saint-Lazare, s’est lancé dans une tirade qui lui a valu les applaudissements de ses concitoyens. Il s’interroge sur le coût du projet, estimant que l’asphaltage d’une rue de 150 mètres coûte un million de dollars, et sur la répartition des coûts. En fait, il soutient que ce sont les résidents du Faubourg du golf qui assumeront la facture des travaux devant l’école des Orioles alors que ceux-ci profiteront à une grande partie de la population.
« Ce ne sont pas tous les résidents qui ont les moyens de payer une facture de 11 000 $ à 15 000 $ sur 10 ans », a-t-il déclaré.
Le résident soutient que le conseil municipal devrait voter le retrait de la résolution, revoir le bassin de taxation et former un groupe de travail pour désamorcer le conflit.
Fin de séance mouvementée
Les citoyens qui ont confronté les élus s’interrogent sur le coût des travaux et sur le fait que chacun a reçu des avis contraires.
« Pourquoi le pavage des rues coûte 100 $ le mètre ici, alors que partout ailleurs les prix varient entre 22 $ et 38 $ le mètre? » a lancé un citoyen, Éric Lachance. Le directeur général de la Municipalité, Jean-François Messier, a corrigé le tir, affirmant que l’asphaltage coûtait en fait 160 $ le mètre à dans ce cas-ci. Le maire suppléant a quant à lui expliqué la différence de tarifs par les passages fréquents des camions lourds appartenant aux entrepreneurs qui sont à construire les maisons du projet domiciliaire. Ces camions useraient plus rapidement la chaussée, c’est pourquoi le conseil municipal a opté pour de l’asphalte de meilleure qualité.
Excédés, de nombreux citoyens ont demandé au directeur général pourquoi, dans ce cas, ce ne sont pas ces constructeurs qui paient la note.
Yvon Chiasson a admis en fin de séance que le conseil « a peut-être voulu aller trop vite, mais c’était pour le bien de la population ». Et d’ajouter : « On voulait le mieux pour nos concitoyens. » Il s’est d’ailleurs dit ouvert, sans toutefois promettre quoi que ce soit, à discuter et à travailler avec les résidents du Faubourg du golf afin de trouver une solution acceptable pour tous.
Malgré l’absence de la mairesse, Yvon Chiasson a été en mesure de gérer la situation, selon certains citoyens.



