Vaudreuil-Soulanges est la seule région à s’y opposer, mais, selon Robert Sauvé, préfet de la MRC et maire de Coteau-du-Lac, les autres représentants ont voté à contrecœur.
Le PMAD de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a pour objectif de planifier le développement de la région métropolitaine des 25 prochaines années. La région souscrit aux principales valeurs de ce plan, mais juge les conséquences trop importantes pour l’approuver.
« Le PMAD ne répond pas aux besoins de la population de Vaudreuil-Soulanges. Il favorise au contraire l’éparpillement des institutions de la région, perpétuant un modèle de développement urbain axé sur l’automobile, a déclaré Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion et représentant de la région à la CMM. Par conséquent, nous n’avons aucun autre choix que de nous opposer à son adoption. »
Concrètement, le PMAD représente une étape de plus à franchir pour réaliser des projets de développement, ainsi que l’a affirmé Massimo Iezzoni, directeur général de la CMM, lors d’une rencontre antérieure avec les représentants de la Couronne sud de Montréal.
Pour Guy Pilon, ce plan freinera de façon importante le développement autour de Montréal au cours des 20 prochaines années. « Ça va être plus long et plus coûteux que dans le passé, d’arriver au même résultat », estime Robert Sauvé.
Par ailleurs, la CMM a enfin reconnu l’importance de créer un TOD (transit oriented development), soit un aménagement orienté sur le transport en commun, à L’Île-Perrot. La MRC lui avait d’ailleurs demandé d’inclure dans le PMAD deux aménagements du genre, dont celui de L’Île-Perrot.
Pour la MRC, le PMAD va à l’encontre de son objectif principal, en l’occurrence la planification à long terme, car il reporte une multitude d’enjeux. Même à quelques minutes de son adoption, la CMM a ajouté au document des clauses propres à la région.
Pôle institutionnel régional et hôpital
Vendredi, un article paru dans un quotidien montréalais véhiculait une fausse information au sujet du futur hôpital régional. « Suite à l’exclusion du pôle institutionnel du PMAD, la région doit trouver un autre terrain pour construire l’hôpital », peut-on en effet y lire. Robert Sauvé réfute cette information : « À aucun prix le pôle institutionnel n’aura un effet négatif sur l’échéancier de l’hôpital. »
« À aucun prix le pôle institutionnel n’aura un effet négatif sur l’échéancier de l’hôpital. » – Robert Sauvé, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Coteau-du-Lac -
Le pôle institutionnel régional verrait, autour de l’hôpital du Centre de santé et de services sociaux de Vaudreuil-Soulanges, l’aménagement de services de santé, d’éducation, de transport et de logement. Ce que le PMAD exclut. Pour les dirigeants régionaux, il s’agit d’un manque de vision de la part de la CMM. « Ce projet respecte les objectifs poursuivis par le PMAD en matière de densité, d’attractivité, de compétitivité et de développement durable », a déclaré Robert Sauvé.
Le PMAD inclut une mention particulière pour l’hôpital et le pôle institutionnel régionaux, laquelle autorise la MRC à préciser un périmètre en vue d’une modification ultérieure. Une motion qui reporte donc le projet. « Nous voulions éviter des étapes ultérieures et le reconnaître immédiatement », a précisé Raymond Malo, directeur adjoint de la MRC de Vaudreuil-Soulanges.
« Nous parlons tout le temps de 640 hectares nécessaires au pôle institutionnel régional, a souligné Guy Pilon. Nous, ce qu’on propose, ce sont 640 hectares de protection. »
La MRC désire protéger de 70 à 80 % de cette superficie. De plus, elle a adopté un règlement de contrôle intérimaire dans ce secteur. Cette mesure y interdit l’exploitation domiciliaire et forestière. Cette règlementation est en grande partie responsable de la conservation du boisé. Les plans de l’hôpital prévoient une superficie de 25 hectares.
Nuire à l’économie régionale
Les restrictions du PMAD limitent le développement de la région au profit de l’est de l’Ontario, selon la MRC. Ce plan attirerait les entreprises de l’autre côté de la frontière, alors que la région subirait les contrecoups de la circulation automobile sans profiter des retombées économiques du projet.
Par son emplacement stratégique et sa proximité de l’Ontario et des États-Unis, Vaudreuil-Soulanges constitue un carrefour du transport de marchandises et peut devenir un pôle logistique d’importance.




